Noart - ACMÉ
[No Art] - [Art Annonces] - [Jeudi 17th, Decembre 2009]

No art fait parler la poudre !

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ça ne se fait pas tellement, de parler d’armes, ces temps-ci. Il me semble sentir, comment vous dire… un fond d’hostilité, voilà.
Ceux qui en usent n’ont pas franchement la cote. Ceux qui en fabriquent rament aussi, surtout s’ils font dans le massif (demandez donc aux savants atomistes iraniens, pour voir). Même ceux qui en vendent ont du mal ; c’est à peine si Hollywood, avec un Nicholas Cage pourtant parfait en trafiquant cynique au-delà de tout, a réussi à ripoliner un peu la profession.
Quant à en posséder à la maison, à l’école ou au bureau,
je ne vous raconte même pas.

Les armes, ce n’est pas politiquement correct, voilà ce que c’est. C’est mal.

Et c’est bien pour ça que la nouvelle exposition de No Art va nous être tellement indispensable.

Ça l’a pris comme ça, d’un coup — parce c’est comme ça qu’il fonctionne, depuis toujours ou presque. Un jour il a débarqué, sûr de son fait, pour nous dire tout de go, à nous autres qui avons la chance de le voir rêver tous les jours :
“ Alors voilà, pour ma prochaine expo, je vais fabriquer des armes. ”
C’est bien, non ?
Parce qu’évidemment, l’intérêt d’un programme pareil, c’est l’identité de celui qui s’y colle. Par exemple, si vous achetez   de faire l’acquisition, disons, d’un fusil d’assaut Kalachnikov, vous savez plus ou moins à l’avance ce que vous toucherez : du russe rustique qui a fait ses preuves — pas vraiment olé olé, ça c’est sûr, mais enfin le design, dans la région du Kivu ou du côté de Peshawar…

C’est pour ça que quand No Art nous a défouraillé son programme d’expo (des armes ? des ARMES ???!), personne d’entre nous n’a bronché. J’en ai même vu deux ou trois qui jubilaient, nerveusement. Moi-même…
Car sans trop savoir ce qu’il avait en tête au juste, tous ceux qui le connaissent un peu s’y voyaient déjà, forcément : de la pétoire de compétition, du flingot à tirer dans les coins, de la bombinette à se gondoler entre amis, que sais-je encore… Ha, ha. Rien que la perspective de l’armurerie improbable et brinquebalante qui surgirait d’une telle idée nous réjouissait d’avance.

Aujourd’hui que tous ces objets existent vraiment, je suis assez content de pouvoir vous dire que nous étions TRÈS en-dessous de la vérité. Comme nom de baptême pour son projet, No Art a choisi “ Acmé ” (“ le point extrême d’une tension ”, dixit Wikipédia), qui peut aussi s’écrire ACME (pour Another Company Making Everything), comme dans les dessins animés où des écureuils-plus-mignons-tu-meurs sortent de derrière leur dos des bâtons de dynamite allumés ou des pièces d’artillerie douze fois plus gros qu’eux, c’est dire.

J’ignore si la Galerie Olivier Waltman, qui expose No Art cet hiver, a bien saisi dans quoi elle s’engage ; mais à leur place, je ne serais pas forcément tranquille. Sûr qu’ils n’en ont pas vu beaucoup des comme lui, rue Mazarine. La poésie du trou de balle, c’est comme aimer les tripes ou les bulots : une affaire de tempérament.

Olaf Stencini




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